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Comment savoir où votre caméra sans abonnement stocke vos images

Quatre supports possibles, et un seul vous appartient vraiment. Six étapes pour lire le stockage local de votre caméra de surveillance sans abonnement, mesurer combien de jours vous remontez avant l'écrasement, et dresser la liste de ce qui peut ouvrir vos fichiers.

Par Élise
Une carte microSD posée à côté d'une caméra de surveillance ouverte, sur un établi sombre

Une caméra sans abonnement écrit ses fichiers à l’un de quatre endroits : une carte microSD de 32 à 512 Go, une mémoire soudée de 8 à 16 Go, le disque d’une base posée à l’intérieur, ou le serveur du fabricant. Le support commande trois choses qu’aucun emballage n’annonce : combien de jours vous remontez, ce que vous relisez quand la box tombe, et combien de personnes ouvrent le fichier en plus de vous. Repérer lequel vous avez prend dix minutes. À la fin de ces six étapes, vous saurez donner la date de la plus vieille séquence encore lisible chez vous, et le nom de chaque compte qui y accède.

Étape 1 · Identifier le support sur lequel la caméra écrit

Ouvrez les réglages de la caméra dans son application, rubrique Stockage ou Carte mémoire. Elle affiche le support reconnu et la place occupée.

La carte microSD couvre la majorité des modèles vendus sans frais mensuels. L’Imou Cruiser 2 plafonne à 256 Go, la Reolink Argus 4 Pro monte à 512 Go, et aucune des deux n’est livrée avec sa carte : comptez 20 à 30 € de plus pour 128 Go à haute endurance.

La mémoire soudée se reconnaît à l’absence de logement. L’eufy SoloCam S340 porte 8 Go d’eMMC et rien d’autre. Aucune carte à acheter, donc, mais aucun moyen d’agrandir non plus le jour où 8 Go deviennent courts : il faut racheter une base.

La base à disque déporte le stockage à l’intérieur de la maison. La HomeBase 3 d’eufy arrive avec 16 Go et accepte un disque jusqu’à 16 To ; le Home Hub de Reolink joue le même rôle pour l’Altas PT Ultra. La caméra dehors ne garde alors plus rien, ce qui change tout en cas de vol.

Le cloud est le quatrième support, et le seul qui se facture. Aucune caméra de cette catégorie ne l’active par défaut, mais plusieurs marques y logent une poignée de fonctions qui restent payantes : Imou facture les filtres animal et colis dans son offre Protect, eufy réserve la reconnaissance des visages connus à une HomeBase 3, Xiaomi range la détection de visage derrière son cloud. Le tri entre une personne et un véhicule, lui, tourne dans la caméra chez tous les modèles cités ici, et il ne coûte rien.

Les quatre supports, modèle par modèle :

CaméraOù vont les imagesLecture hors ligneReste payant
Imou Cruiser 2microSD 256 GoRTSP et ONVIFfiltres animal et colis
Reolink E1 Outdoor PromicroSD 512 GoRTSP et ONVIFrien
Reolink Argus 4 PromicroSD 512 Goaucun flux localrien
Reolink Altas PT UltramicroSD ou Home Hubvia le Home Huble Home Hub
eufy SoloCam S3408 Go soudésaucun flux localvisages connus
eufy eufyCam S3 ProHomeBase 3, 16 ToRTSP par la baserien
TP-Link Tapo C520WSmicroSD 512 GoRTSP 554, ONVIF 2020rien
EZVIZ H8c Pro 4KmicroSD 512 GoRTSP et ONVIFrien
Xiaomi C500 PromicroSD 256 Gosauvegarde NASdétection de visage

Le point de contrôle : la ligne « x Go sur y Go utilisés ». Si elle affiche zéro après une semaine de fonctionnement, la caméra ne conserve rien, quelle que soit la carte glissée dedans.

Étape 2 · Mesurer combien de jours vous remontez avant l’écrasement

L’enregistrement local tourne en boucle. Quand le support est plein, la caméra écrase la séquence la plus ancienne et continue, sans qu’aucune alerte n’apparaisse dans l’application. La capacité ne limite donc pas ce que vous filmez : elle limite la profondeur de votre historique.

Deux régimes, et l’écart entre les deux dépasse le facteur dix. En continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, une carte de 256 Go en 3K compressée en H.265 tient environ huit jours. Sur détection, avec deux heures de séquences quotidiennes, la même carte tient environ 95 jours. Une caméra sur batterie qui ne filme que par événement pousse encore plus loin : 512 Go tiennent près de deux ans et demi à raison de quarante clips d’une minute par jour.

La mémoire soudée joue dans une autre catégorie. Les 8 Go de la SoloCam S340 couvrent environ six semaines à 300 secondes d’enregistrement par jour, trois semaines à 600 secondes, et dix jours devant une rue passante.

Le point de contrôle : descendez la chronologie de l’application jusqu’au bout. La date du premier événement encore lisible est votre profondeur réelle.

Étape 3 · Couper internet et regarder ce qui reste

Presque personne ne fait cet essai avant d’en avoir besoin. Les images dorment chez vous, d’accord ; encore faut-il que l’application sache retrouver la caméra sans passer par internet.

Débranchez la box dix minutes en laissant le Wi-Fi allumé, puis rouvrez l’application sur le téléphone. Beaucoup d’applications passent par un service d’appariement hébergé chez le fabricant pour retrouver l’adresse de votre caméra : privées d’internet, elles restent sur « connexion en cours » alors que les deux appareils sont à trois mètres l’un de l’autre. D’autres basculent sur le réseau local et ouvrent la carte normalement, sans qu’aucune fiche produit l’ait annoncé. La caméra, elle, continue d’écrire pendant toute la coupure : rien n’est perdu, c’est l’accès qui manque.

Les modèles qui ouvrent un flux RTSP échappent à cette dépendance : le lecteur s’adresse directement à l’adresse IP de la caméra, sur le réseau local, et personne d’autre n’est dans la boucle. Des images stockées chez vous et des images consultables chez vous, ce n’est donc pas la même installation, et l’écart se paie le jour d’une panne de ligne.

Le point de contrôle : si la lecture de la carte démarre box débranchée, votre installation est autonome. Sinon, notez-le : votre historique local dépend d’un serveur distant pour être consulté.

Étape 4 · Sortir la carte et l’ouvrir sur un ordinateur

Sortir la carte est le dernier recours, celui du jour où l’application refuse de s’ouvrir ou le compte de répondre. Deux choses y attendent presque tout le monde.

La première est le format. TP-Link écrit du MP4 lisible partout, nommé par horodatage, mais compresse l’audio en G.711 : Windows Media Player rend une image muette ou rien du tout, et la marque renvoie elle-même vers VLC. EZVIZ, de son côté, demande ses propres lecteurs, le VS Player ou son lecteur MP4 maison. Vérifiez ce point avant d’avoir besoin d’un fichier, pas pendant.

La seconde surprise est ailleurs, dans ce que la caméra pose à côté des vidéos. Des fichiers techniques en .bin, .pic et .index accompagnent les séquences, et les déplacer ou les supprimer casse l’enregistrement au remontage de la carte. Une partie des fichiers visibles sont aussi des blocs réservés à l’avance, vides tant qu’une séquence ne les a pas remplis. Un fichier de taille normale qui refuse de s’ouvrir n’est donc pas forcément corrompu.

Le point de contrôle : une séquence datée d’hier s’ouvre dans VLC, avec le son. Si oui, vous êtes capable de produire une vidéo sans l’application, sans le compte et sans le fabricant.

Étape 5 · Ouvrir le flux RTSP quand la caméra le permet

RTSP est le protocole par lequel une caméra publie son flux sur votre réseau, et ONVIF la langue commune qui permet à un enregistreur de la piloter. Ensemble, ils branchent la caméra sur un NAS, un NVR ou un logiciel comme Frigate, sans passer par l’application ni par un compte.

L’activation se fait dans les réglages de la caméra, souvent sous « paramètres avancés » ou « port ». Le port par défaut est le 554. L’adresse prend la forme rtsp://identifiant:motdepasse@adresse-ip/flux1 chez TP-Link, et rtsp://identifiant:motdepasse@adresse-ip:554/Preview_01_main chez Reolink. TP-Link recommande de ne l’employer que sur un réseau local de confiance, en Wi-Fi chiffré : un flux RTSP exposé sur internet est une caméra ouverte.

Le critère qui sépare les modèles est presque toujours le même, et il mérite d’être connu avant l’achat : les caméras sur secteur ouvrent ce flux, les caméras sur batterie le ferment. La Reolink E1 Outdoor Pro, filaire, le rend ; l’Argus 4 Pro de la même marque, sur batterie, ne le rend pas. Une batterie de 5 000 mAh ne diffuse pas en continu sans se vider en deux jours, alors le fabricant retire la fonction au lieu de l’expliquer. Chez Imou, la Knight 4K va jusqu’au dépôt FTP en plus du RTSP et de l’ONVIF, pour 134,90 € relevés.

Le point de contrôle : ouvrez l’adresse dans VLC depuis un ordinateur du même réseau, par Média puis Ouvrir un flux réseau. L’image apparaît en deux secondes, ou la fonction n’est pas activée.

Étape 6 · Dresser la liste de ce qui peut ouvrir vos images

Le stockage local ferme une porte, celle du serveur du fabricant. Il en reste trois, et chacune se verrouille de son côté.

La première est le compte du fabricant. Qui connaît son mot de passe lit la carte à distance exactement comme vous, puisque l’application sert de lecteur. Un mot de passe réutilisé sur un forum ou une boutique annule donc l’intérêt du stockage local, et la double authentification, quand la marque la propose, se règle en deux minutes.

Vient le partage. Les applications gardent longtemps les invitations envoyées à un ancien colocataire, à un voisin pendant les vacances, à un artisan venu pour trois jours. Ouvrez la liste des membres et relisez-la nom par nom.

Un vol emporte la caméra et sa carte ensemble. Nous recommandons pour cette raison une base à disque ou un enregistreur dès qu’une caméra couvre un accès isolé : la copie reste à l’intérieur du logement, hors de portée de celui qui décroche l’appareil.

Reste ce que vous avez le droit de filmer. La CNIL est nette : un particulier filme sa propriété, intérieur, jardin et allée privée, mais pas la voie publique, même pour surveiller une voiture garée devant chez lui. Si une personne extérieure au cercle familial intervient chez vous, aide à domicile ou garde d’enfants, elle doit être informée de l’existence des caméras et de leur objet.

Le point de contrôle : la liste des membres de votre application ne contient que des noms que vous pouvez citer de mémoire, et le champ de chaque caméra s’arrête à votre limite de propriété.

Questions fréquentes

Peut-on relire ses images quand la box internet est coupée ?

Oui sur une caméra qui expose un flux RTSP : le lecteur et la caméra se parlent en direct sur le Wi-Fi, sans sortir de la maison. Non, le plus souvent, depuis l'application du fabricant : elle a besoin des serveurs de la marque pour retrouver l'adresse de la caméra, même quand le téléphone est à trois mètres d'elle. La caméra, elle, continue d'écrire sur sa carte pendant toute la coupure.

Que se passe-t-il quand la carte microSD est pleine ?

La caméra écrase la plus ancienne séquence et continue, sans alerte ni message. C'est un enregistrement en boucle : la capacité ne limite pas ce que vous filmez, elle limite la profondeur de l'historique. Une carte de 256 Go en 3K continu couvre environ huit jours ; la même carte sur détection, avec deux heures de séquences par jour, tient environ 95 jours.

Faut-il une carte microSD à haute endurance ?

Une caméra réécrit sur les mêmes cellules jour et nuit, ce qu'une carte d'appareil photo ne prévoit pas. Les modèles à haute endurance sont conçus pour ce cycle et coûtent 20 à 30 € en 128 Go. Vérifiez aussi le plafond du modèle : 256 Go sur l'Imou Cruiser 2, 512 Go sur la plupart des Reolink, et une carte plus grande ne sera pas reconnue.