eufy SoloCam S340 ou Reolink Argus 4 Pro : tourner ou tout voir
L'Argus 4 Pro tient 180° en permanence sur une seule image, la SoloCam S340 balaie 360° mais n'en montre que 135 à la fois, et son capteur de mouvement vise là où l'objectif vise. De cet écart découle tout le reste : 8 Go soudés contre 512 Go de microSD, 2,2 W de panneau solaire contre 6, et un prix réel qui n'est pas celui de l'étiquette.
La Reolink Argus 4 Pro montre 180° en permanence sur une seule image. L’eufy SoloCam S340 balaie 360°, mais n’en affiche que 135 à la fois et met deux à trois secondes à pivoter vers le reste.
Tout part de là. Les deux filment sans abonnement, gardent leurs séquences chez vous et se relèvent entre 130 et 200 €. Elles ne servent pourtant pas le même mur. L’une remplace deux caméras d’angle posées côte à côte ; l’autre remplace une caméra qu’on irait tourner à la main, et elle ne surveille qu’un tiers de son tour à la fois. Cette différence-là commande le reste, mémoire comprise, où l’écart va de un à soixante-quatre.
| eufy SoloCam S340 | Reolink Argus 4 Pro | |
|---|---|---|
| Champ visible à un instant | 135°, sur une tête qui pivote à 360° | 180°, en permanence |
| Détection de mouvement | PIR solidaire de la tête mobile | PIR fixe de 170°, jusqu’à 10 m |
| Définition | 3K grand-angle et 2K téléobjectif, zoom 8× | 4K, 5 120 × 1 440, 15 ips |
| Champ vertical | 70° d’inclinaison motorisée | 50°, fixes |
| Stockage | 8 Go eMMC soudés | microSD jusqu’à 512 Go, non fournie |
| Panneau solaire | 2,2 W, solidaire de la caméra | 6 W, sur câble de 4 m |
| Wi-Fi | 2,4 GHz seul | Wi-Fi 6, 2,4 et 5 GHz |
| Températures | −20 à 50 °C | −10 à 55 °C |
| Prix relevé en 09/2026 | 125 à 135 €, panneau compris | 199,99 € avec panneau, carte en plus |
Une tête qui pivote ne remplace pas un champ de 180°
Le chiffre de 360° est ce qui frappe sur la fiche de la SoloCam S340. Il décrit une course de moteur, pas une surface filmée. À un instant donné, la caméra montre 135° : son grand-angle 3K, et rien d’autre. Les 225° restants n’existent pas. Ce qui les traverse pendant qu’elle regarde ailleurs n’est enregistré nulle part, et aucune alerte n’en garde la trace.
Le détail qui tranche se trouve un cran plus bas, sur le capteur de mouvement. Celui de la S340 est monté sur la tête mobile : il vise là où l’objectif vise. Un passage dans le dos ne la réveille pas. La rotation n’y change rien, puisque rien ne l’a déclenchée. Le suivi automatique fait son travail quand le mouvement entre par l’avant, avec deux à trois secondes de recadrage, assez pour qu’une silhouette pressée soit déjà sortie du cadre.
L’Argus 4 Pro procède à l’inverse. Ses deux objectifs de 1/1,8 pouce couvrent chacun une moitié de scène, assemblée en un flux de 5 120 × 1 440 pixels, et son PIR balaie 170°, réglable jusqu’à 10 m. Détection et image regardent la même chose en permanence. Aucun recadrage à attendre.
Elle paie cette largeur sur la hauteur : 50° de champ vertical, pas un de plus. Fixée à trois mètres, l’Argus 4 Pro voit l’allée et pas le paillasson posé sous elle. Descendez-la à deux mètres, ou renoncez au seuil. La S340 n’a pas ce souci : ses 70° d’inclinaison motorisée vont chercher le pied du mur quand on le leur demande, puis remontent vers le portail ensuite.
L’Argus 4 Pro plafonne par ailleurs à 15 images par seconde en 4K. Un piéton passe correctement, une voiture qui traverse le cadre sort hachée et sa plaque reste illisible. Le téléobjectif 2K de la S340, avec son zoom hybride 8×, lit bien mieux un détail lointain, à condition que la tête soit tournée du bon côté au bon moment.
8 Go soudés contre 512 Go de carte : combien de jours d’historique
C’est l’écart le plus large entre ces deux caméras. La SoloCam S340 porte 8 Go de mémoire eMMC soudée : aucun logement pour carte, aucune extension possible sans acheter une HomeBase S380. L’Argus 4 Pro accepte une microSD jusqu’à 512 Go, en FAT32, qu’elle ne fournit pas.
Traduit en durée d’historique, sur la base de calcul d’eufy, soit 300 secondes d’enregistrement par jour, ces 8 Go retiennent environ six semaines avant d’écraser les plus anciennes séquences. À 600 secondes par jour, comptez trois semaines. À 1 200 secondes, sur une rue de village, une dizaine de jours. En face, une carte de 512 Go remplie par quarante clips d’une minute tient environ deux ans et demi, et une carte de 128 Go couvre déjà dix mois à soixante clips de 30 secondes.
Six semaines suffisent très largement pour constater une dégradation et porter plainte dans la foulée. Elles suffisent encore pour retrouver la camionnette qui a raclé le portail au milieu de trois semaines d’absence, sauf devant un passage fréquent : là, la mémoire aura tourné deux fois avant votre retour. C’est le seul scénario où les 8 Go lâchent vraiment, et il concerne les façades sur rue. Notre fiche de la SoloCam S340 détaille ces durées réglage par réglage.
Ce que chacune coûte vraiment, carte comprise
Le prix affiché ment sur l’une des deux. Relevé en septembre 2026, la SoloCam S340 tourne entre 125 et 135 € chez les marchands français, panneau solaire inclus, et n’a besoin de rien d’autre pour enregistrer. L’Argus 4 Pro se vend 179,99 € seule et 199,99 € avec son panneau de 6 W.
Puis vient la carte, qui n’est pas une option. Une SanDisk High Endurance de 128 Go se relève à 34,49 €, une Max Endurance de 256 Go à 124,18 €. Le ticket réel de l’Argus 4 Pro démarre donc autour de 235 €, pas de 200. L’écart avec la eufy n’est plus de 70 € mais de 100, et il grimpe à 190 € si vous visez 256 Go de profondeur.
Prenez une carte de vidéosurveillance et pas une carte d’appareil photo : la réécriture permanente use une mémoire ordinaire en quelques mois. Nous détaillons ce choix sur la fiche de la SanDisk High Endurance 128 Go.
L’Argus 4 Pro se vend aussi sans son panneau solaire, à 179,99 €, sous le même nom de modèle. Vérifiez la ligne « contenu de la boîte » : un Solar Panel 2 acheté après coup revient plus cher que les 20 € du pack.
Le solaire : 2,2 W sur la tête contre 6 W au bout d’un câble
eufy annonce trois mois d’autonomie sans lumière et deux heures de soleil direct par jour pour maintenir la charge indéfiniment. Reolink annonce deux mois sur ses 5 000 mAh. IT-Connect, qui a testé l’Argus 4 Pro sans son panneau, a relevé une dizaine de jours.
Ces chiffres reposent sur des hypothèses de déclenchement différentes et ne se comparent pas entre eux. Ce qui se compare, c’est la récolte. Le panneau de 2,2 W de la S340 est solidaire du dessus de la caméra, orientable, et déportable au bout du câble USB-C fourni. Celui de l’Argus 4 Pro fait 6 W, s’oriente sur 360° et se relie par un câble de 4 m.
Six watts contre 2,2, c’est près de trois fois plus d’énergie récoltée à ensoleillement égal. L’avantage se voit en décembre, quand un ciel bas divise le rendement par quatre, et sur une façade qui ne prend le soleil qu’une heure par jour. À l’inverse, la S340 se pose plus vite : un seul objet à fixer, un seul perçage, aucun câble à faire courir le long du mur.
Les températures d’usage divergent aussi : la eufy tient de −20 à 50 °C, la Reolink de −10 à 55 °C. Une semaine de gel sévère départage les deux sans discussion.
Wi-Fi 6 double bande contre 2,4 GHz : ce que la portée en dit
La S340 a une génération de retard sur ce point : Wi-Fi 2,4 GHz uniquement, quand l’Argus 4 Pro parle le 802.11ax sur les deux bandes. Le 5 GHz sert à écouler le flux 4K, qui pèse lourd, et il répond à un problème réel.
Il traverse mal un mur de pierre, en revanche, et porte nettement moins loin que le 2,4. Le grief remonte d’ailleurs chez Reolink : sur 1 038 avis publiés chez Amazon France, 17 % s’arrêtent à une étoile, presque tous sur un rattachement au réseau qui échoue ou qui se perd. La double bande donne un choix supplémentaire ; elle ne rallonge la portée d’aucun mètre.
Le 2,4 GHz seul devient gênant quand on veut un direct fluide en 3K depuis son téléphone. Il ne l’est pas pour un fond de jardin situé à quinze mètres de la box, derrière un mur, puisque c’est la bande qui porte le mieux. Mesurez la couverture réelle à l’emplacement visé, pas depuis le salon.
Ce qui ne les sépare pas
Aucune des deux n’expose de flux RTSP ni ONVIF : ni NAS, ni Frigate, ni Home Assistant, des deux côtés. Aucune ne filme en continu, parce qu’aucune caméra sur batterie ne le fait. Les deux trient personne, véhicule et animal dans le boîtier, sans un euro par mois. Les deux résistent aux intempéries, IP67 pour la eufy et IP66 pour la Reolink, et les deux voient la nuit en couleur, par projecteur de 100 lumens chez eufy et par capteur ouvert à f/1,0 chez Reolink.
Qui prend laquelle
Prenez l’Argus 4 Pro si vous couvrez une scène large et continue depuis un point unique : un angle de maison avec l’entrée d’un côté et l’allée de l’autre, une cour fermée, une devanture de commerce. Le 180° permanent est la seule façon de ne rien manquer sans poser deux caméras. Fixez-la vers deux mètres pour rattraper ses 50° verticaux, prévoyez la carte dans le budget, et vérifiez la portée du Wi-Fi avant de percer.
Prenez la SoloCam S340 si vous avez deux zones distinctes à tenir depuis un seul point de fixation, ou un détail à lire au loin : une plaque au fond d’une cour, un compteur, un abri de jardin à trente mètres. Le téléobjectif 2K et son zoom 8× font ce qu’aucun grand-angle ne fera jamais. Acceptez en échange que la caméra ne voie qu’un tiers de son tour à la fois, et réglez sa position de repos sur le passage obligé plutôt que sur la vue d’ensemble.
Reste le cas de qui voudrait la rotation et la détection tout autour : aucune des deux n’y répond. L’Altas PT Ultra tourne sur 355° et garde un pré-enregistrement qui rattrape les secondes perdues au recadrage. Et pour une installation bâtie sur un enregistreur local, la E1 Outdoor Pro filaire rend le RTSP et l’ONVIF que ces deux modèles refusent.
Questions fréquentes
Le panneau solaire est-il fourni avec les deux caméras ?
Avec la eufy SoloCam S340, toujours : le panneau de 2,2 W est solidaire de la caméra et il n'existe pas de version sans lui. Chez Reolink, deux références coexistent sous le même nom : l'Argus 4 Pro seule, relevée à 179,99 €, et le pack avec le Solar Panel 2 de 6 W, à 199,99 €. Vingt euros séparent les deux, et un panneau acheté après coup coûte davantage. Lisez le contenu de la boîte avant de valider le panier.
Laquelle des deux supporte le mieux le froid ?
La eufy SoloCam S340, donnée de −20 à 50 °C, contre −10 à 55 °C pour la Reolink Argus 4 Pro. L'écart de dix degrés en bas de gamme compte dans le Jura, le Massif central ou les Vosges, où plusieurs nuits par hiver descendent sous −10 °C. Dans les deux cas, la charge d'une batterie lithium s'interrompt d'elle-même autour de 0 °C pour protéger les cellules : le panneau solaire ne remplira rien pendant une vague de gel, quelle que soit la caméra.
Peut-on brancher ces caméras sur un NAS ou sur Home Assistant ?
Ni l'une ni l'autre. Les deux fiches techniques l'écrivent noir sur blanc : aucun flux RTSP, aucun ONVIF sur ces deux modèles sur batterie. Les images restent chez vous, sans abonnement, mais dans un format que seule l'application du fabricant ouvre. Synology Surveillance Station, Frigate et l'intégration Home Assistant restent à la porte. Une installation bâtie autour d'un enregistreur local demande un modèle alimenté sur secteur.